18/06/09

La théorie du Fromage Suisse

Swiss cheese model

"La probabilité d'un crash aérien est équivalente à la probabilité qu'on puisse tirer un trait bien droit qui traverse tous les trous d'un gruyère coupé en tranches". Cette phrase extraite du film Ma Vie en l'Air (avec Vincent Elbaz et Marion Cotillard) résume parfaitement la théorie des plaques de James T. Reason, appelée Swiss Cheese model.

Selon cette conceptualisation, chaque plaque est à la base un rempart empêchant un accident de survenir. A priori, ces plaques sont conçues pour ne jamais être traversées. Cependant, il existe pour chacune une probabilité très faible de passer outre, et ainsi subsiste une infime probabilité de toutes les traverser en même temps. Cette occurrence, tellement rarissime qu'on la juge impossible, c'est un accident.

Cette méthode d'analyse permet de bien rappeler qu'un accident est la conséquence de causes multiples, chacune étant absolument exceptionnelle. Tenter d'expliquer la disparition d'un appareil avec des renseignements très limités ne semble ainsi pas possible. C'est malheureusement ce à quoi se sont récemment essayés les médias, répandant un lot de suppositions infondées et d'erreurs en tout genre.

La disparition d'un avion et de ses occupants est tragique. Mais le transport aérien reste avant tout d'une fiabilité remarquable. Car à chaque fois qu'une de ces plaques est traversée, une analyse minutieuse est réalisée afin d'en comprendre les causes et de ne plus rencontrer cette situation.

03/06/09

Crise et évolution

Corsair F4U à la Ferté AlaisL'homme a une tendance marquée à évoluer beaucoup plus rapidement en période de crise. Durant la seconde guerre mondiale, l'industrie aéronautique a ainsi réalisé un gigantesque bon en avant.

Au cours de ces années hostiles, des avancées techniques fulgurantes furent effectuées, et ce qui fut utilisé pour tuer évolua ensuite pour trouver des applications fort intéressantes dans nos vies modernes. Le réacteur notamment, équipant la quasi-totalité de nos avions de lignes, trouva ses racines autour de quelques avions conçus vers la fin du conflit de 39-45.

Cette photographie montre l'une des merveilles techniques de cette période, le Corsair. Il fut un chasseur redoutable, doté d'un moteur à pistons de 2000cv et d'une voilure atypique en "ailes de mouettes inversées".

Comme d'autres secteurs, le transport aérien a largement bénéficié des investissements massifs réalisés à l'époque pour le développement de nos machines volantes. Presque 70 ans plus tard, les avions ont été largement modernisés mais les concepts de base restent les mêmes.

Espérons que la prochaine révolution technologique pour l'aéronautique ne trouve pas sa source dans un conflit.

Celui qui transforma le transport aerien

Douglas DC3 F-AZTE a la Ferte AlaisDans l'histoire de l'aviation, certaines machines volantes ont contribué plus que d'autres au développement du transport aérien.

Le DC3, lui, a littéralement transformé cette activité. Pour cause, son autonomie record a offert aux transporteurs aériens un atout essentiel dans notre monde capitaliste : la rentabilité.
Et oui, malgré leurs pertes régulières, les compagnies aériennes tentent de gagner un peu plus qu'elles ne dépensent, histoire de survivre.

Cet appareil fut notamment un allié précieux d'Air France, et celui présenté ici est le magnifique exemplaire toujours volant de l'association France DC3. Aux couleurs historiques de KLM sur son flanc gauche et d'Air France sur son côté droit, il est régulièrement présenté en démonstration lors de meetings aériens comme celui de l'Amicale Jean-Baptiste Salis à la Ferté Alais.

Preuve de sa suprématie, plusieurs DC3 sont encore aujourd'hui utilisés commercialement. Le premier vol de cette machine remontant à 1935, c'est une carrière plutôt remarquable pour une machine du XXè siècle.

Merci l'avion ! C'est un peu grâce à toi que tant de pilotes de ligne ont un métier aujourd'hui.