30/03/09

"C'est bien comme métier ?"

Il y a quelques jours, participant à une rencontre avec des collégiens pour parler de leur avenir, un élève de 6è âgé de 11 ans seulement vient me voir pour se renseigner. A peine après nous être présentés, il m'envoie la question fatale : "C'est bien comme métier ?".

Son interrogation sur la vie de pilote de ligne est si simple et directe qu'elle en est déstabilisante. Esquissant un sourire, je rassemble rapidement toutes les motivations qui m'animent pour ce métier et tente ensuite de les exprimer aussi simplement que la question m'a été adressée. En fait cet exercice joue sur moi le rôle d'une introspection éclair, je me prends au jeu et réalise qu'il y a vraiment beaucoup d'aspects qui m'attirent sur ce métier et que je pourrais en parler pendant pas mal de temps !

Après quelques phrases les plus concises possible, son ressenti est lancé tout en sourire : "ça a l'air bien !". Soulagement d'avoir réussi à lui faire passer mon message.

Mon but ne fut pas de le convaincre que pilote de ligne c'est le plus beau métier du monde (c'est tellement évident) mais plutôt de lui montrer que dans un choix de carrière, on peut suivre ses envies et ses passions.

24/03/09

Paris plage

Paris Plage normalement c'est l'été que ça se passe. Mais avec un Cessna on peut avancer dans le temps. Nous voilà donc partis pour une balade aérienne vers l'authentique Paris Plage : Le Touquet.

C'est le dernier jour de l'hiver, la fée météo nous veut du bien et une fois au-dessus de la brume, l'ambiance est magique. Le calme absolu, un bleu infiniment pur et des jeux de lumières surréalistes sur la couche juste en-dessous, de quoi souhaiter rester en l'air toute une vie.
Traversée du Vexin, passage à l'est de Rouen, puis arrivée au-dessus des flots repoussés par de majestueuses falaises. La navigation est ensuite plutôt aisée, on garde la terre à droite et la mer à gauche, ce qui nous mène au Touquet.

Une fois intégrés puis posés sur la belle piste en dur juste avant un Dauphin de la Marine Nationale, nous profitons du beau temps pour marcher et s'organiser un picnic maritime. On n'est pas si loin de Paris mais le dépaysement est total.

Clairement, l'avion est un bel instrument de voyage.

Toussus - Le Touquet - Toussus, 2h54.

Trimons, pauvres pilotes

Trim/PHR/THS sur Airbus A319L'être humain tend à développer sa technologie dans un but de simplification des tâches quotidiennes. C'est ainsi que pour transporter des marchandises sans se fatiguer il créa notamment la charrette, utilisant la vitalité de certains animaux plutôt que la sienne. Dans sa plus récente conquête du ciel, l'homme a imaginé un dispositif répondant à la flemmardise des cochers modernes que sont les pilotes: le trim.

Le trim est un ingénieux système agissant de manière à réduire, voire annuler, les efforts musculaires du pilote sur les commandes de vol. Basés sur des principes mécaniques et/ou aérodynamiques, les trims s'occupent de positionner des gouvernes pour maintenir une attitude donnée en annulant le besoin de fournir un effort sur le manche ou les palonniers. Ainsi, le trim peut éventuellement apporter un gain en performances aérodynamiques, mais surtout il rend le pilote plus disponible. Un effort musculaire continu est en effet très consommateur de ressources mentales, fort précieuses dans les phases sensibles comme le départ ou l'arrivée.

Il existe différents principes de fonctionnement, et celui présenté sur la photo est un trim de commande de profondeur d'Airbus A319. Celui-ci agit en fait sur l'ensemble du stabilisateur horizontal en le faisant pivoter autour de son axe transversal. L'image permet de comprendre les mouvements possibles de ce Plan Horizontal Réglable (le PHR, ou THS en anglais pour Trimmable Horizontal Stabilizer). Les graduations nous font d'ailleurs remarquer que le PHR est principalement utilisé pour maintenir des assiettes à cabrer, c'est à dire des situations où l'avion a le nez vers le haut.

Merci les trims pour le confort que vous nous apportez.

16/03/09

Retour en l'air

Voici maintenant plus d'un an que je suis en possession de mon cher brevet de pilote privé, et cela faisait plus de trois mois que je n'avais pas défié l'attraction terrestre à bord d'un Cessna.

Deux excellentes raisons m'imposant donc de reprendre les commandes en compagnie d'un instructeur, me voilà de retour au statut d'élève avec quelqu'un sur ma droite pour vérifier mes compétences avant de repartir pour quelques mois d'aventures en plein ciel.

La reprise me demande d'abord beaucoup de concentration pour retrouver mes méthodes et me sentir de nouveau à l'aise dans cet étroit cockpit. Après quelques dizaines de minutes de tours de pistes, déroutements, encadrements (entrainement à l'atterrissage sur un terrain sans utiliser le moteur) et virages à forte inclinaison, retour à Toussus. Signature de l'instructeur, merci, c'est reparti !

L'avion est encore un peu disponible, je vais donc m'offrir un saut de puce sans instructeur histoire d'inscrire quelques minutes symboliques dans la colonne "commandant de bord" du carnet de vols. Du coup je suis passé à l'improviste au-dessus de la belle maison de mon copain Tomtom, pour déranger un peu ses voisins mais surtout histoire de dire bonjour.
Il se trouve qu'il sortait juste à ce moment là de son palace, et me voici donc à tourner au-dessus de lui pendant qu'il me fait de grands signes.

Le hasard que je fuis tant en avion sait nous réserver quelques agréables surprises !

Le principe du bureau mobile

Vue du bureau mobileHabituellement on qualifie de bureau une pièce fixe dans l'espace, si possible dotée d'une fenêtre à travers laquelle nos pensées sont amenées à s'égarer.

Lors de mon premier stage d'étudiant ingénieur chez Air France, ma fenêtre donnait directement sur un taxiway (passage où les appareils roulent au sol, suivant une ligne centrale jaune) très emprunté de la plateforme de Roissy Charles-de-Gaulle. Les possibilités d'égarement étaient nombreuses et très régulières, ce qui a franchement égayé ces quelques mois de bureau.

Aujourd'hui la tendance est enfin inversée, et devrait le rester pour un moment. Me voilà en effet dans un bureau paradoxal ! Celui-ci est également équipé d'une fenêtre à égarements, mais derrière cet orifice lumineux c'est le monde qui défile. J'ai donc quitté la fixité du bureau classique pour rejoindre la mobilité permanente du navigant.

C'est superbe ce qui passe derrière cette fenêtre ! Et dire que dans le cockpit la vue panoramique est encore plus belle ...