23/10/08

Faire face au vent

Avion se posant à GranvilleEn aviation, il y a quelques principes fondamentaux qui s'appliquent à tous les avions sans exception. L'un d'eux dit que les décollages et atterrissages s'effectuent face au vent.

En fait, ce principe est inspiré de la nature, plus particulièrement de l'observation des oiseaux. Il permet d'une part de raccourcir les distance de décollage et d'atterrissage et d'autre part de prendre le plus possible d'altitude par rapport au sol en un minimum de temps. C'est donc une double sécurité.

Les pistes d'atterrissages sont construites de manière à pouvoir effectuer ces manœuvres en conditions optimales la plupart du temps. Ainsi, en région parisienne où les vents dominants sont d'ouest, les pistes des aéroports de Roissy et Orly ont globalement une direction Est-Ouest.

Il arrive que les conditions soit ambiguës par vent très faible ou perpendiculaire à l'axe de la piste. Dans ce cas on utilise la piste préférentielle, souvent celle qui permet de causer un minimum de gêne aux riverains.

Sur la photo, le pilote est en courte finale au-dessus de la plage de Granville pour se poser en piste 07 (au cap 070 donc) au lieu de la piste 25 (cap 250) en service. Ca s'appelle un "contre-QFU" dans le jargon. Ils font décidément tout à l'envers ces Grands-Bretons !

Toussus - Granville - Toussus, 4h24.

22/10/08

Aeronautique et environnement

Révolution aéronautique, le défi de l'environnementAux yeux du grand public l'aéronautique est perçu comme un secteur très polluant en terme de rejets de gaz à effet de serre, de génération de bruit, de problèmes liés aux traînées de condensation et autres effets divers.

Un excellent livre sur le sujet de l'aéronautique, et du transport aérien face au développement durable ou plutôt "soutenable" vient d'être publié aux éditions Pearson : "Révolution aéronautique, le défi de l'environnement" par Yves Galland et Gil Roy.
L'ouvrage, facile à lire et exposant un ensemble de faits et d'études en cours, traite des changement du secteur aéronautique dans son ensemble : conception et production d'appareils, exploitation, recyclage et destruction mais aussi gestion du trafic aérien.

En bref, ce livre est un concentré d'informations précieuses sur les avancées de ce secteur relativement jeune et les évolutions à venir.

Ce que j'en retiens particulièrement, c'est que le secteur du transport aérien sait remarquablement bien s'adapter à son environnement. D'autre part, malgré l'énorme inertie caractérisant l'activité due entre autres à un profond souci de sécurité, les évolutions sont nombreuses, permanentes et avec des résultats très encourageants.

L'aviation propre et silencieuse est plus que jamais en marche !

20/10/08

Lutte des classes

Avions de tourisme et d'affaires à DeauvilleNous vivons dans un monde marqué par des classes diverses, et j'ai découvert que les inégalités existaient jusque sur les terrains d'aviation !

La preuve sur "l'aéroport international de Deauville" où les appareils de tourisme sont placés dans l'herbe tandis que les avions d'affaires ont droit à une place de parking sur le tarmac. Certes, le tarif n'est pas le même et avec mon forfait loisir j'ai carrément eu droit à un placeur en me garant puis à un contrôle de sécurité pour regagner mon avion...

Parler de classes n'est pas si anodin car à des fins de gestion des qualifications des pilotes, les avions sont justement répartis en classes.
Pour les appareils accessibles aux pilotes privés, on distingue deux principales classes qui sont SEP (Single Engine Piston) et MEP (Multi Engine Piston), soit respectivement en français : monomoteur à pistons et multimoteur à pistons.

D'ailleurs, les visites médicales aéronautiques sont aussi séparées en Classe I (pilotes de ligne) et Classe II (pilotes privés).

Le monde de l'aérien est une grande famille, mais quand même bien hiérarchisée !

15/10/08

A la recherche du ciel pur

Le ciel pur au-dessus de la brume

L'un des plaisirs des vols passés dans le cockpit d'un avion de ligne, c'est d'être ébloui.
Et oui, aux altitudes de croisière des appareils transportant les passagers, on se trouve dans une portion de l'atmosphère très pure et laissant au soleil la possibilité de briller vraiment fort.

L'explication est simple. La couche atmosphérique en contact avec le sol contient les particules terrestres en suspension, telles que les poussières ou les particules liées aux pollutions diverses. Ces minuscules corps sont confinés dans une tranche plus ou moins épaisse selon les conditions météorologiques. Au sol, on ne s'en rend pas compte car aucune limite distincte n'est perceptive, on est effectivement plongés dans cette épaisseur qu'on appelle en aviation "la couche". Mais dès que l'on passe au-dessus de la couche, on réalise que le ciel pur n'est pas si loin de la surface terrestre. Et à cet endroit la lumière du soleil est vraiment forte (ce qui justifie au passage l'attrait qu'ont les pilotes pour les lunettes de soleil) et le bleu du ciel vraiment très bleu.

Ce jour là, nous étions en conditions anticycloniques typiques pour notre continent. La couche était donc relativement peu épaisse et la densité de particules en conséquent assez élevée. Je me suis donc permis une croisière au-dessus de la brume, là où le ciel est pur. En plus, l'atmosphère est extrêmement calme dans cette zone. Autant de bonnes raisons pour y placer le trafic aérien régulier.

Bon, à l'approche de Paris, il faut retourner vers la réalité: Classe A à 1'500 pieds. Et attention il parait qu'il y a des Falcon 900 qui rôdent juste au-dessus ...

Mon voisin le Cumulus

Voler au-dessus des cumulus

L'une des infranchissables frontières du pilote privé est la couche nuageuse présente pendant un vol.

Traverser les nuages implique la plupart du temps de se retrouver dans une situation où les deux références basiques du vol à vue (le sol et l'horizon) ne sont plus disponibles. On quitte alors les conditions du vol à vue (ou VFR pour Visual Flight Rules) pour celles du vol aux instruments (IFR, Instrument Flight Rules). Pour ceci il faut être pilote professionnel titulaire d'une qualification de vol aux instruments (l'IR, Instruments Rating) et entraîné selon la réglementation.

En bref, le passage des nuages est de manière générale inaccessible au pilote privé. Sauf quand la nébulosité est clémente, comme sur la photo où les nuages, très épars, permettent de conserver la vue du sol et de l'horizon même lorsque l'on se trouve au-dessus d'eux.
Lors de ce retour de Deauville, la limite supérieure de la couche se situait à environ 3500 pieds, je me suis donc permis de regarder les nuages de haut, enfin pas trop quand-même puisque de seulement 1000 pieds au-dessus.

C'est bien agréable d'admirer la face ensoleillée de ces moutons aériens. Encore une bonne raison de voler !

Toussus - Deauville - Toussus, 2h49.